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SYNDICAT NATIONAL
DES TRAVAILLEURS
DE L'EDUCATION DE BASE.



18 décembre 2012

Le Burkina Faso se dote d’un programme de développement stratégique de l’éducation de base de 4612 milliards de francs CFA

 

 


  DEPUIS DECEMBRE 2010, LE PLAN DECENNAL   DE DEVELOPPEMENT DE L’EDUCATION DE BASE (PDDEB) 2001-2010 EST A SON TERME.   C’EST A CET EFFET QU’UNE ETUDE D’EVALUATION FINALE DE CE PLAN A ETE MENEE   CONJOINTEMENT PAR LE MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE ET DE   L’ALPHABETISATION (MENA) ET LE CABINET APPUI CONSEIL INTERNATIONAL POUR LE   DEVELOPPEMENT (ACI/D) DONT LA RESTITUTION A EU LIEU LE VENDREDI 27 AVRIL 2012   A OUAGADOUGOU. EN SUBSTANCE, IL RESSORT DE CE BILAN QUE DES ACQUIS ONT ETE   ENGRANGES MAIS LES OBJECTIFS, SONT LOIN D’ETRE ATTEINTS, SURTOUT EN MATIERE   DE QUALITE DE L’EDUCATION. D’OU L’INTERET DE TIRER LES LEÇONS POUR LE NOUVEAU   PROGRAMME DE DEVELOPPEMENT STRATEGIQUE DE L’EDUCATION DE BASE (PDSEB) QUI   VISE L’ATTEINTE D’UNE SCOLARISATION UNIVERSELLE D’ICI A 2020.

Le   PDDEB est fini. Depuis décembre 2010, le plan décennal de développement de   l’éducation de base (PDDEB) 2001-2010 est à son terme. vive le PDSEB   (Programme de développement stratégique de l'éducation de base). Ce nouveau   programme qui a lui aussi une durée de vie de 10 ans repose sur les cendres   de son illustre défunt. Le  document de   base a été validé le 29 mai 2012 à Ouagadougou en présence de nombreux   acteurs du secteur, collectivités territoriales, partenaires techniques et   financiers, organisations de la société civile (OSC) et organisations   syndicales, célébrant du même coup les funérailles du PDDEB.

Pour en arriver là, une étude d’évaluation finale de   ce plan a été menée conjointement par le Ministère de l’Education Nationale   et de l’Alphabétisation (MENA) et le Cabinet Appui Conseil International pour   le Développement (ACI/D) dont la restitution a eu lieu le vendredi 27 avril   2012 à Ouagadougou. Ce  Programme   adopté en Conseil des Ministres le 1er août 2012 est évalué à 4612 milliards   de francs CFA et étendu sur la période 2012-2021.

L’élaboration de ce nouveau programme se justifie   selon ses initiateurs  aux efforts qui   restent à faire ainsi qu’aux stratégies à développer pour l’atteinte des   objectifs de la SCADD, de l’EPT et des OMD en matière d’éducation dans les   délais prescrits en ce sens que la mise en œuvre du PDDEB n’est pas arrivée à   résoudre tous les problèmes de disparités régionales et de genre dans l’accès   et la participation à l’éducation. Aussi, l’élaboration du PDSEB serait-elle   l’occasion d’une part de consolider les acquis et d’autre part de faire face   aux défis majeurs qui se posent au système éducatif formel et non formel   aussi bien du point de vue de l’accès, de la qualité, de la gestion et du   pilotage.

Sa   mise   en œuvre permettra donc au Burkina Faso «  d’atteindre l’EPT ainsi   que les OMD se rapportant à l’éducation à l’horizon 2021 » selon ces   concepteurs. 

 

Ce nouveau programme vise à :

        Développer le préscolaire pour passer de 3% en 2010 à 11,3% en 2015 et atteindre au moins 25% en 2021.

Réaliser l’enseignement primaire universel en 2021, dont 75,1% en 2015, avec une équité fille/garçon. L’atteinte de cet objectif se traduira par le développement des moyens nécessaires pour scolariser 3 200 000 élèves en 2015 et 4 180 000 en 2021, contre 2 350 000 élèves en 2011.

Promouvoir le post-primaire (général et technique formel et non formel) en atteignant un taux de transition de 93,2% en 2015 puis 95% en 2021, et enfin 100% en 2025 : soit 900 000 élèves en 2015 et 1 600 000 en 2021 contre 540 000 en 2011 dans le post primaire général ; environ 330 000 jeunes en 2015 et 200 000 environ en 2021 contre 70 000 en 2011 recevront des qualifications dans le post-primaire technique formel et non formel.

Accélérer l’alphabétisation et l’éducation non formelle des 9-14 ans et des jeunes et adultes de plus de 15 ans. L’objectif est d’offrir à 900 000 adolescents de 9 à 14 ans hors de tout système éducatif des alternatives éducatives et de faire croître le taux d’alphabétisation de 30% à 75% en 2021, dont 60% en 2015. En matière d’alphabétisation/formation des adultes, le programme devrait toucher plus de 5 millions de personnes.

Le PDSEB a une vision et repose  sur des principes directeurs qui sont entre autres : l’obligation scolaire pour tous les enfants de 6 à 16 ans, le caractère gratuit de l’enseignement de base public, l‘effectivité des cycles terminaux et des passerelles, la vision holistique, intégrée et multi sectorielle du système éducatif, l’affirmation du principe de déconcentration/décentralisation du système éducatif.

Composantes et sous- programmes

Dans la perspective de la réalisation de l’éducation primaire universelle et de l’atteinte des objectifs du Millénaire pour le Développement (OMDS), en lien avec la valorisation du capital humain, l’élaboration du PDSEB repose sur les priorités suivantes : le développement de l’éducation de base(enseignement primaire, éducation non formelle) ; la promotion des autres niveaux d’éducation notamment le préscolaire faiblement représenté dans l’environnement éducatif burkinabé, la diversification des actions d’alphabétisation et de post-alphabétisation en langues nationales et en français.

Les sous secteurs de l’éducation formelle et non formelle sont organisés suivant les  composantes : la composante accroissement de la demande et de l’offre d’éducation, la composante Amélioration de la qualité, de l’efficacité et de la pertinence du système, la composante amélioration du pilotage et de la gestion financière du programme.

Au total, quarante sept(47) sous programmes ont été développés dont 23 au niveau de l’éducation formelle et 24 en éducation non formelle.

      Pour garantir la réalisation des objectifs de l’EPT dans les délais et conditions souhaités, le PDSEB a préconisé seize (16) axes d’interventions à savoir : la réforme des programmes et curricula ainsi que la production des matériels didactiques et pédagogiques adaptés, la formation, le recrutement et le déploiement des enseignants, la gestion du redoublement notamment en fin de cycle, la gestion du temps d’apprentissage effectif, l’utilisation des langues nationales comme moyen d’enseignement, la gestion de la décentralisation du système…..pour ne citer que cela.

 Mais au-delà de toute la littérature, une question fondamentale se pose. Quelle est la différence fondamentale entre le PDDEB et le PDSEB ?

Du PDDEB au PDSEB, les autorités du ministère ont confié que la différence se situe au niveau de la «  vision holistique » du PDSEB pendant que le PDDEB s'était orienté uniquement sur l'éducation primaire. « La différence avec le PDDEB est tout nette et nous aurons maintenant un continuum éducatif », a ensuite annoncé le premier responsable.

Ce dernier a soutenu que «  le choix stratégique de ratisser large depuis le préscolaire au post- primaire est largement partagé avec les partenaires techniques et financiers.

 Toutefois la question qu’on peut se poser résulte de l’approche holistique sur laquelle semble être basé le PDSEB.  Comment comprendre en effet que pendant que l’éducation de base (le préscolaire, le primaire et le post- primaire) projette d’engloutir sur dix ans 4612 milliards CFA, l’Enseignement supérieur évoque de son côté un besoin de 1 910 milliards de FCFA pour normaliser les universités du Burkina Faso ?

Deux rapports d’études ont en effet été commandités par le gouvernement sur l’enseignement de manière générale. Ces études  ont été remises au Premier ministre, le mardi 30 octobre 2012, à Ouagadougou. L’un est relatif à l’enseignement supérieur et l’autre, à l’éducation de base. Des études qui ont en commun de faire l’état des lieux des enseignements au Burkina, de proposer des pistes pour normaliser et consolider les acquis pour un enseignement pertinent et de qualité dans notre pays.

« L’enseignement supérieur au Burkina Faso : diagnostic, défi et normalisation de ses institutions ». C’est ainsi qu’est intitulé le rapport général du comité ad d’doc de réflexion (CAR) qui a travaillé sur l’enseignement supérieur et les universités du Burkina. Regroupées en axes stratégiques ces propositions se résument aux points suivants : L’amélioration de la bonne gouvernance, de la qualité et des offres de formation ; le développement des infrastructures et des équipements, l’intégration des facilités des TIC dans les Instituts d’enseignement supérieurs (IES) ; l’adaptation de la mise en œuvre de la réforme LMD (Licence, Master, Doctorat) à la réalité du Burkina, le développement et la valorisation de la recherche et de l’innovation dans les IES du Burkina et le renforcement de la coopération entre les IES du Burkina et les partenaires internationaux. Ce rapport, qui s’est penché sur les universités du Burkina, fait une proposition d’un plan d’action de 1 910 milliards de FCFA.

Si l’on place effectivement l’éducation au cœur du développement, les autorités politiques et pédagogiques, toutes tendances confondues doivent régler le problème central qu’est la question institutionnelle.

Un autre  défi  est la question de l’articulation entre les différents sous systèmes éducatifs. Il convient d’assurer une approche plus coordonnée des activités quel que soit le degré de l’enseignement. Le cloisonnement ou la non étanchéité des sous systèmes éducatifs,  en d’autres termes la fragmentation du savoir, qui a été l’un des traits spécifiques des programmes scolaires, devra peut-être faire place à une approche plus « holistique » des problèmes éducatifs. Cela implique généralement une formation et une gestion des enseignants de qualité, de solides systèmes d’enseignement supérieur, l’élaboration de curricula qui favorise la citoyenneté internationale, des politiques cohérentes et la promotion de l’éducation à l’extérieur des écoles.

Œuvrer dans tous les domaines pertinents tout en se focalisant sur des domaines particuliers afin que ses activités aient davantage d’impact.   

Le Burkina Faso est classé parmi les pays les moins avancés (PMA) et au nombre des maux qui entravent son développement se trouve en bonne place l’analphabétisme de ses populations. C’est dans ce contexte qu’apparait toute l’urgence de monter des programmes appropriés d’accélération d’une offre d’éducation réaliste , acceptable, accessible, adaptée et dotée de ressources adéquates en fonction des ressources internes. Ce ne serait pas là une dénégation de l’apport extérieur mais une façon de reconnaître une fois pour toute que l’éducation est et demeure une affaire nationale. Les objectifs communs à toute éducation sont pourtant simples. a déclaré Ban Ki-moon à  la remise du Rapport mondial de suivi 2012 (16 octobre 2012). Pour lui, le souhait est que «  tous les enfants aillent à l'école primaire et progressent vers l'enseignement secondaire et un enseignement supérieur pertinent, ce qui les aidera à réussir dans la vie et à devenir des citoyens du monde engagés et productifs ».

Le problème fondamental des programmes, ne réside pas forcement dans la qualité du document, mais surtout dans les conditions objectives et subjectives de sa mise en œuvre. Ce qui fait défaut au Burkina Faso ! Le PDSEB n’est-elle pas qu’une confirmation de l’échec des politiques éducatives passées ?

 

Posté par SYNATEB à 13:13 - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    le niveau de l'enseignement

    avec de nouvelles reformes à ne pas finir et le niveau de l'enseignement continue de baisser de jour en jour. ou se trouve le vrai problème?

    Posté par KABORE, 28 janvier 2016 à 16:36

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