30 octobre 2009
DISCOURS D’OUVERTURE DU 15ème CONSEIL SYNDICAL ORDINAIRE DU SYNATEB
Camarades représentants des syndicats membres du Collectif syndical CGT-B
Camarades délégués au 15ème conseil syndical ordinaire du SYNATEB
Camarades militantes et militants
Travailleuses et travailleurs de l’éducation de base
Chers invités
Au nom du Bureau national, j’ai l’honneur de vous souhaiter la bienvenue à notre 15ème conseil syndical ordinaire dont les travaux débutent ce matin. Votre présence ici, témoigne de votre engagement et de votre détermination à vous battre au sein de notre organisation pour la défense ferme et résolue des intérêts matériels et moraux des travailleurs de l’éducation de base d’une part et d’autre part ceux des autres travailleurs et du peuple burkinabè.
Notre congrès se tient à un moment, où les funérailles de la RGAP et du nouveau système d’évaluation sont entrain d’être célébrée grâce au combat salvateur que nous avons engagé depuis 1997 avec le collectif syndical CGT-B. Oui, aujourd’hui plus que jamais nous devrons être fiers de nous même, fier du combat que nous menons et qui profitent même aux traitres de la République.
Camarades, l’ordre du jour de notre congrès porte essentiellement sur l’examen des décisions issues de notre 5ème congrès ordinaire. Dans cette logique, nous aurons à étudier deux thèmes dont l’un portant sur le transfert de la gestion de la carrière des travailleurs de l’éducation de base aux collectivités territoriales et l’autre sur la gestion des affections au MEBA. Ces deux thèmes sont d’un intérêt certain pour nous travailleurs dans la mesure où ils conditionnent notre existence.
Pour ce faire, je sais compter sur votre ponctualité et votre assiduité aux travaux durant ces deux jours afin que nous puissions sortir des recommandations fortes et de pistes de solutionnement aux nombreuses difficultés que nous rencontrons sur le terrain de la lutte.
A votre nom à tous, je salue la présence parmi nous, de nos camarades du collectif syndical CGT-B qui seront à nos côtés pendant tout le conseil pour partager avec nous leurs réflexions et leurs expériences sur les différents sujets que nous aurons à aborder.
Je ne saurai terminer sans dire un grand merci au comité d’organisation qui depuis plusieurs jours se bat inlassablement pour la tenue de ce présent conseil.
A toutes et à tous je souhaite un plein succès à nos travaux. Sur ce, je déclare ouvert, le 15ème conseil syndical ordinaire du SYNATEB.
Vive le SYNATEB
Vive le collectif syndical CBT-B
Pour le Pain et la Liberté, la lutte continue !
Je vous remercie
méssage de rentrée 2009-2010
Ouagadougou, le 28 octobre 2009
MESSAGE DE RENTREE SCOLAIRE 2009-2010
Camarades militantes et militants, sympathisantes et sympathisants ;
Camarades travailleuses et travailleurs de l’éducation de base ;
L’année écoulée s’est déroulée dans un contexte généralisé de pauvreté et de vie chère. Telle une malédiction, les années se suivent et se ressemblent au pays des hommes intègres. Comme pour respecter ce principe, l’année scolaire 2009-2010 s’annonce avec plus de craintes et d’incertitudes. En effet, sans que des solutions idoines ne soient trouvées à cette situation, nous voilà plongés dans une catastrophe naturelle aggravée bien évidemment par la mal gouvernance orchestrée depuis des années par le pouvoir de la 4ème République. C’est dans ce contexte qu’intervient la rentrée scolaire 2009-2010 dans notre pays.
Le Bureau National (BN) du SYNATEB, par le présent message adresse ses vives compassions et son soutien moral aux familles éplorées et à l’ensemble des personnes sinistrées, notamment les enseignants, les élèves et parents d’élèves. Il tient également à adresser ses félicitations et ses encouragements aux élèves et aux enseignants pour les énormes sacrifices déployés au cours de l’année écoulée. Malgré les difficiles conditions de vie et de travail, vous avez su faire preuve d’abnégation et de détermination pour livrer au système éducatif les résultats auxquels il est parvenu.
Camarades militantes et militants, sympathisantes et sympathisants ;
Camarades travailleuses et travailleurs de l’éducation de base ;
Les dures conditions qui sont méconnues ou au besoin entretenues par le gouvernement burkinabè n’ont pas ébranlé votre volonté de vous engager dans les organisations actives comme le SYNATEB afin de mener la lutte pour plus d’acquis dans le monde de l’éducation. Cet engagement a permis sans doute d’engranger des succès fort appréciables et mérite d’être renforcé pour affronter les luttes sectorielles à venir dans le domaine de l’éducation, ainsi que dans les autres cadres de regroupement tels le Collectif syndical CGTB, le Collectif des Organisations Démocratiques de Masses et de Partis Politiques, le Mouvement syndical burkinabè, la coordination des syndicats de la Fonction Publique et la coalition nationale contre la vie chère.
Comme vous l’aurez constaté, tous les pans du système éducatif sont en souffrance et cela est inexorablement lié à la mauvaise option éducative de notre pays.
En effet, le choix de sacrifier l’école burkinabè au profit d’intérêts marchands est clairement affiché au regard des réformes tous azimuts et suicidaires entreprises, il y a quelques années et notamment en 2007 avec l’adoption de la nouvelle loi d’orientation de l’éducation qui consacre la réforme du système éducatif. En examinant de près, à tout point de vue, cette réforme imposée n’est qu’une forme subtile de destruction du système éducatif afin de permettre à l’Etat de se désengager davantage des charges éducatives.
Aussi, la gestion gabégique des ressources financières et humaines au MEBA a toujours été une préoccupation pour le SYNATEB. En septembre 2005, l’espoir était né de voir la situation évoluée avec l’arrivée de madame le ministre Odile Marie BONKOUNGOU qui à l’époque tenait un discours prometteur et moralisateur, mais aujourd’hui le constat est amer. Nous en voulons pour preuves les cas de milliards toujours injustifiés du PDDEB, les ateliers de complaisance pour se partager les perdiems etc.
Nous relevons également, le refus patent d’affecter les personnels d’administration et de gestion dans les structures centrales lors de la commission statutaire tenue en juillet 2009. En lieu et place ce sont des enseignants en classe qui y ont été affectés par nécessité de service en violation flagrante du Décret 377 du 04 août 2006 portant organisation des emplois spécifiques au MEBA. (08 Instituteurs Certifiés affectés le 25 septembre 2009).
Il y a également le cas du conseiller pédagogique Adama de Poum OUEDRAOGO en service dans la Circonscription d’Education de Base (CEB) de Rambo depuis 2005. Celui-ci sollicite chaque année, une mutation dans les CEB de Ouahigouya. Il a, en plus de ses demandes ordinaires, sollicité cette année un détachement à l’ENEP de Ouahigouya. Au lieu de satisfaire l’intéressé, le MEBA a opté de l’affecter arbitrairement à ARBINDA au Soum sous le fallacieux prétexte de nécessité de service. Ce camarade, militant convaincu de notre syndicat qui a toujours refusé les compromissions et les louvoiements semble payer au prix fort son appartenance au SYNATEB. Faut-il rappeler à ceux qui ont orchestré cet acte odieux que même conseiller pédagogique ou inspecteur, tout travailleur a le droit de militer dans un syndicat de son choix.
Camarades militantes et militants, sympathisantes et sympathisants ;
Camarades travailleuses et travailleurs de l’éducation de base ;
Notre bataille l’année écoulée a essentiellement gravité autour des questions essentielles telles que :
- le Nouveau Système d’Evaluation (NSE) des agents publics de l’Etat ;
- la prise en charge conséquente de la formation continue ;
- les coupures injustifiées des salaires pour fait de grève ;
- les affectations arbitraires orchestrées à Ziniaré par la directrice provinciale de l’Enseignement de Base de l’Oubritenga et dans d’autres localités ;
- l’incarcération arbitraire de la camarade NANA/KYELEM Perpétue à la maison d’arrêt et de correction de Koudougou pour de prétendus coups mortels portés à son élève…
Ces luttes déterminées et organisées ont permis; le ralliement de beaucoup de travailleurs qui n’avaient pas compris les enjeux du rejet du Nouveau Système d’Evaluation ; une évolution dans la prise en charge des enseignants lors de certains cadres de formation continue et l’obtention d’une liberté provisoire pour la camarade Perpétue, même si des batailles demeurent pour sa relaxation pure et simple.
Camarades militantes et militants, sympathisantes et sympathisants ;
Camarades travailleuses et travailleurs de l’éducation de base ;
Le slogan « seule la lutte paie » est une réalité indéniable. C’est pour cette raison que l’année nouvelle qui s’annonce nous interpelle ardemment à la mobilisation pour les justes luttes que notre organisation a déjà engagées et pour celles à venir.
Les préoccupations anciennes du SYNATEB demeurent. De nouvelles se font jour comme le recrutement d’enseignants volontaires sous le couvert du ministère de la jeunesse et de l’emploi, et le SND qui vont contribuer à la baisse du niveau de notre système éducatif déjà critique. Tout cela mérite notre attention et des luttes appropriées pour les endiguer doivent être engagées. Le SYNATEB rappelle son opposition farouche au recrutement d’un tel type d’enseignants qui contribue à dévaloriser la fonction enseignante et se donnera les moyens de le combattre sans réserve.
Aussi, face au rejet massif du Nouveau Système d’Evaluation (NSE) dans le secteur de l’éducation et face à la volonté politique d’imposer ce système inique, le ministère opte dorénavant de bafouer littéralement les textes qu’il est sensé lui même faire respecter.
Sur le volet de cette fameuse évaluation, il y a énormément de choses à dire, mais nous relevons pour les besoins quelques aspects pervers :
- depuis l’imposition des fiches rétroactives en mai 2008, pour le compte des notes de 2006 et 2007 jusqu’à l’évaluation de l’année 2008, aucune programmation n’a été faite selon le NSE dans les écoles. On attend juste en juillet pour obliger les directeurs d’écoles à procéder à l’évaluation de leurs adjoints ;
- les entretiens d’évaluation ne sont pas faits dans la majorité des cas ;
- les procès verbaux des entretiens d’évaluation ne sont pas remplis par le notateur et le noté ;
- les notes attribuées sont en général ignorées par les notés ou suggérées par ceux-ci ;
- des pressions de toutes sortes ont été exercées par des supérieurs hiérarchiques sur leurs agents afin de les amener à céder au remplissage des fiches malgré le fait qu’ils soient eux et leurs agents collégialement ignorants de ce nouveau système de notation. La preuve est que beaucoup de fiches d’enseignants ont été remplies et signées par des Chefs de Circonscription d’Education de Base (CCEB) en lieu et place des directeurs d’écoles comme prévu par la Loi.
- .le MEBA donne l’ordre aux Chefs de Circonscription d’Education de Base de noter les enseignants en classe malgré le fait qu’ils n’ont aucun pouvoir pour le faire ;
- les fiches « arrachées » aux enseignants non avertis ou tombés sous le trauma de certains CCEB arrivent à la DRH
avec des anomalies avérées et sont pourtant saisies. Cette situation donne les statistiques suivantes : 23560 agents évalués en 2006, 24223 en 2007 et 13841 en 2008 sur environ 50000 agents au MEBA ;
Même en s’arrêtant là, constatez la manipulation et l’acharnement du MEBA à imposer un système d’évaluation rejeté par la quasi-totalité du personnel enseignant. Le SYNATEB comme à l’accoutumé, a engagé une juste et légitime lutte contre ce système antitravailleur et entend la conduire jusqu’au bout au profit des milliers de travailleurs.
Quant à la prise en charge des enseignants lors des cadres de formation, la lutte âpre engagée par notre syndicat depuis 2002 commence à porter des fruits.
En effet, la situation des conférences pédagogiques des enseignants, organisées sans aucune prise en charge a évolué et prend en compte les propositions du SYNATEB:
- 2500F/jour pendant 3 jours pour les résidents (0 à 10km de l’école au lieu de la conférence) ;
- 5000F/jour pendant 3 jours pour les non résidents (plus de 10km de l’école au lieu de la conférence)
- 4000 F/jour pendant 4 jours pour les organisateurs ;
- 6000 F/jour pendant 4 jours pour les encadreurs.
La mise en œuvre de ce barème rentrera en vigueur à compter de cette rentrée scolaire et le conseil syndical à venir, conformément à ses prérogatives, se prononcera sur le mot d’ordre de boycott des conférences pédagogiques.
A la date d’aujourd’hui, les décisions prises de manière unilatérale par le MEBA ne prennent pas en compte nos attentes en ce qui concerne les Groupes d’Animation Pédagogiques (GAP). Au lieu de 2500F
par session comme toujours demandé par notre syndicat, le MEBA à conservé 1500F
comme taux alloué pour cette année. En tout état de cause, le conseil syndical reviendra sur la question.
Pour terminer, le Bureau National vous réitère toutes ses félicitations pour votre engagement constant à vous battre pour une école démocratique et de qualité. Il vous encourage à persévérer car le chemin de la lutte est parsemé de multiples embûches que seuls la détermination et le courage peuvent permettre de vaincre.
Il vous rappelle que le mot d’ordre de boycott des stages de recyclage est maintenu. Par ailleurs, il porte à votre connaissance la tenue du 15ème conseil syndical du SYNATEB prévu pour les 30 et 31 octobre 2009 autour du thème «Transfert de compétence et gestion de la carrière des travailleurs de l’éducation de base ». Des instructions vous parviendront incessamment à cet effet.
Bonne rentrée scolaire à toutes et à tous.
Tous mobilisés et déterminés, la victoire est certaine !
Pour le Bureau National
Le Secrétaire Général
Tahirou TRAORE
méssage du SYNATEB au congrès SUD EDUCATION
MESSAGE DU SYNATEB AU CONGRES DE SUD EDUCATION
Camarade Secrétaire Générale de la Fédération des Syndicats SUD EDUATION
Camarades congressistes
Le Syndicat National des Travailleurs de l’Education Base (SYNATEB) par ma voix, se réjoui de l’invitation que vous lui avez adressée pour participer aux travaux de votre présent congrès. Il tient à remercier très chaleureusement la Fédération des Syndicats SUD Education, d’une part, pour les efforts matériels et financiers fournis à notre syndicat et qui ont permis de renforcer ses capacités et d’autre part, pour sa participation au 5ème congrès ordinaire du SYNATEB tenu les 29, 30 novembre et 1er décembre 2007 à Ouagadougou autour du thème « Gestion décentralisée de l’éducation au Burkina Faso : enjeux et perspectives pour les travailleurs de l’éducation de base ».
Les contributions apportées par les camarades de Sud Education, en l’occurrence Fabrice Cayrol et Pascal Bianchini, ont permis à l’ensemble des délégués de se rendre compte que nos deux organisations ont des visions et options syndicales communes à savoir le syndicalisme de lutte de classe. A l’analyse, la décentralisation de l’éducation telle que voulue par les autorités du Burkina Faso, dans le cadre des Programmes d’ajustements structurels imposés par le FMI et la Banque Mondiale, ne vise rien d’autre que la privation de l'école et le désengagement de l’Etat des charges éducatives pour les mettre sur le dos de nos pauvres populations. Au Burkina Faso, plus de 46% de la population vit avec moins d’un demi dollar par jour. Et l’objectif recherché de la décentralisation est de faire prendre en charge les salaires des enseignants et la gestion de l’école par les collectivités locales et les communautés de base qui ne disposent pas de connaissances ni de moyens financiers nécessaires pour assurer une telle responsabilité.
En effet, sur les 17 953 conseillers municipaux qui auront en charge la gestion des écoles, 15 800 soit environ 90% ne savent ni lire, ni écrire dans aucune langue. Vouloir que de telles personnes prennent à charge l’école, c’est véritablement s’engager à sa destruction. Mais nos dirigeants n’en n’ont cure, car placés à la solde de pays impérialistes et constituant de véritables valets locaux des Institutions financières internationales que sont la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International dont les avantages et les intérêts divergent fondamentalement de ceux de notre peuple.
Notre syndicat se battra pour faire échec à ce énième plan de destruction de notre système éducatif, comme il a toujours su le faire:
contre le Plan Décennal de Développement de l'Education de Base qui envisageait le recrutement d'un nouveau type d'enseignant qui devrait être payés à 25 000 cfa par mois soit environ 38 Euros;
contre le recrutement d'enseignants dit enseignants PPTE (Pays Pauvre Très Endetté) qui ne devait pas bénéficier de salaire mais de prime de 50 000 cfa par mois soit environ 76 Euros. Ils ne devraient pas bénéficier de droit à pension, ni de droit de grève et de contestation;
contre le recrutement de volontaire de l'éducation
Camarades congressistes
Votre congrès se tient à un moment où la crise qui frappe le système capitaliste est sur toutes les lèvres. Cette crise qui a éclaté aux Etats-Unis en 2008, s’est étendue à toutes les places boursières du monde et se développe maintenant en crise économique avec une récession qui touche les économies occidentales. Même la Chine qui affichait des taux de croissance à deux chiffres est amenée à revoir à la baisse ceux-ci. Il ne pouvait en être autrement quand on sait comment la mondialisation de l’économie libérale a interconnecté les différentes économies du monde. La crise est aujourd’hui au cœur de nombreuses rencontres qui prétendent y apporter des solutions. En vérité, il s’agit bien souvent de « solutions » qui consistent à voler au secours des responsables de la crise (banquiers, financiers engagés dans les opérations spéculatives, actionnaires des sociétés) avec l’octroi de fonds publics colossaux. Pendant ce temps, les travailleurs qui subissaient déjà l’exploitation du système capitaliste sont laissés à eux-mêmes, victimes de pertes d’emplois, de diminutions de salaires, de restrictions de leurs droits sociaux. Partout dans les pays industrialisés, le taux de chômage est en forte hausse puisque chaque jour qui passe voit des milliers de travailleurs perdre leurs emplois. C’est cette situation inacceptable qui explique les multiples luttes qui se mènent au plan international et qui traduisent le refus des travailleurs et des peuples de faire les frais de la crise du système capitaliste.
A titre d’exemples, nous pouvons citer et saluer les grandes manifestations populaires que vous avez menées ici en France et qui ont réuni des millions de travailleurs et de sous-emplois, les séquestrations de cadres ou dirigeants d’entreprises par des salariés en colère, la longue mais victorieuse lutte des travailleurs et du peuple de Guadeloupe, les manifestations contre la réunion du G20 à Londres, de l’OTAN à Strasbourg, etc.
En Afrique, même si la faible part que le continent occupe dans le commerce international amoindrit les effets de la crise, les responsables reconnaissent de plus en plus que ses effets seront durement ressentis par les différents pays. Il est en effet établi que la crise aura principalement pour effet de faire chuter les prix des matières premières et le montant des transferts de capitaux des migrants vers leurs pays d’origine. Avec des pouvoirs illégitimes pour la plupart, soumis à l’impérialisme international et aux institutions financières internationales, avec des dirigeants préoccupés par une accumulation primaire de biens et leur maintien au pouvoir, il est évident que les réponses à la crise ne pourront qu’aggraver la misère des masses laborieuses. De ce point de vue, les conclusions récentes de la réunion des ministres des finances des pays de la zone franc montrent clairement que les solutions envisagées ne sont guère favorables aux travailleurs et aux masses laborieuses. La Ministre française en charge de l’Economie, Mme Lagarde n’a-t-elle pas clairement déconseillé aux pays concernés de procéder à des augmentations de salaires, considérant que « il faut plutôt procéder à des investissements productifs au lieu d’augmenter les salaires qui est une mesure populiste ? » (Cf . Le Pays N°4348 du 20 janvier 2009, P.36)
Camarades congressistes ;
Le combat que vous menez contre la marchandisation de l’école, les déréglementations économiques et sociales, la privatisation des services publics, la précarisation des emplois, le chômage etc, est le nôtre. L’histoire nous démontre que nous devons tous nos acquis sociaux à la lutte et nous disons que seule la lutte véritable paie.
En ce moment même dans mon pays, de nombreuses luttes sont en cours (depuis le 6 avril, les enseignants chercheurs sont en grève illimitée pour la revalorisation de leurs salaires, Total Burkina est en grève illimitée : ils réclament la réintégration de leur délégué licencié). Une grève en préparation pour les 12 et 13 mai 2009 organisée par les syndicats de la Fonction Publique dont le SYNATEB est membre pour revendiquer:
la constatation sans condition des avancements de 2006, 2007 et 2008 avec leurs effets financiers pour l'ensemble des travailleurs de la fonction publique;
l'arrêt de la mise en œuvre du nouveau système d'évaluation des agents de la fonction publique et retour à l'ancien système en attendant sa relecture consensuelle;
l'annulation sans condition des sanctions prises contre les travailleurs du Syndicats des Agents du Ministère des Affaires Étrangères (SMAE), du Syndicat Autonomes des agents du Trésor du Burkina (SATB), du Syndicat des Greffiers du Burkina (SGB) et du Syndicat National des Agents de la Justice (SYNAJ);
la restitution des sommes illégalement coupées pour fait de grève.
Une journée nationale de protestation organisée par l'ensemble du mouvement syndical burkinabé et la coalition nationale contre la vie chère est prévue pour le 26 mai 2009.
Si nous n'obtenons pas satisfaction à l'issue de toutes ces luttes, la perspective au niveau du SYNATEB est de bloquer les notes d'évaluation et les examens de fin d'année.
Le SYNATEB félicite la Fédération SUD éducation pour son dynamisme, son engagement militant et son esprit de clairvoyance. Il vous réaffirme son soutien indéfectible et compte bénéficier des fruits de vos travaux pour raffermir son combat quotidien.
Plein succès à vos travaux.
Vive la Fédération des syndicats SUD EDUCATION
Vive le SYNATEB
Vive la solidarité syndicale internationale
22 janvier 2009
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APPEL AU REJET DES SIGNATURES DES FICHES D’INDICATION DU NOUVEAU SYSTEME DE NOTATION
APPEL AU REJET DES SIGNATURES DES FICHES D’INDICATION DU NOUVEAU SYSTEME DE NOTATION
Camarades militantes et militants, sympathisantes et sympathisants,
Camarades travailleuses et travailleurs de l’éducation de base,
Le 3 juin 2008, seize syndicats de la Fonction
publique, ont signé une déclaration pour appeler les militantes et militants, les travailleuses et travailleurs de la fonction publique à :
- exiger l’arrêt de la mise en œuvre du nouveau système d’évaluation des agents de la fonction publique, le retour à l’ancien système de notation en attendant sa relecture consensuelle, la régularisation des avancements 2006, 2007, 2008 avec incidence immédiate ;
- refuser le piège d’une « notation de forme » qui ne bloquera personne que les autorités utilisent pour faire passer le nouveau système de notation, en violation des dispositions mêmes de la Loi
qui l’instaure.
Les syndicats signataires de cette déclaration sont :
- Le Syndicat National des Travailleurs de l’Education et de la Recherche
(SYNTER)
- Le Syndicat National des Travailleurs de l’Education de Base (SYNATEB)
- Le Syndicat National des Personnel d’Administration et de Gestion (SYNAPAGER)
- Le Syndicat National des Travailleurs de la Planification
et Coopération (SYNTPC)
- Le Syndicat National des Agents des Impôts et des Domaines (SNAID)
- La Fédération
des Syndicats de l’Education de Base (FESEB)
- Le Syndicat Autonome des Agents du Trésor du Burkina (SATB)
- Le Syndicat Autonome des Infirmiers et Infirmières du Burkina (SAIB)
- Le Syndicat des Personnels des Enseignants Secondaire et Supérieur (SPESS)
- Le Syndicat National des Travailleurs de l’Environnement, du Tourisme et de l’Hôtellerie (SYNTETH)
- Le Syndicat des Travailleurs de l’Action Sociale (SYNTAS)
- Le Syndicat National des Travailleurs de l’Information et de la Communication
(SYNATIC)
- Le Syndicat des Travailleurs des Travaux Publiques, des Bâtiments, de l’Hydraulique et Assimilés (SYTTPBHA)
- Le Syndicat des Agents du Ministère des Affaires Etrangères (SAMAE)
- Le Syndicat National des Travailleurs de l’Agriculture (SYNATRAG)
Pourquoi ces syndicats rejettent-ils le nouveau système de notation ? Parce que :
Le nouveau système est inique.
- Les Supérieurs hiérarchiques qui ont pouvoir de notation ne sont évalués que sur la base du taux de réalisation de leur programme d’activités.
- Quant aux autres agents qui n’ont pas pouvoir de notation, eux ils sont notés non seulement sur la base du programme d’activités du service et de la fiche d’indication des attentes, mais aussi à travers leur compétence professionnelle, leur conscience professionnelle, leur sens du service publique et leur comportement social.
- Les tenants du pouvoir de la 4ème République ayant constaté la nocivité de ce système ont à la faveur de la relecture de la Loi
013, qu’ils ont eux-mêmes proposé, institué une dérogation pour s’octroyer d’office des notes de 9/10 sans évaluation. Ainsi donc, les ministres, les députés, les ambassadeurs, les consuls généraux et les présidents d’institutions dès qu’ils sont nommés ou élus bénéficient automatiquement de cette note de 9/10, qu’ils travaillent bien ou mal, qu’ils pillent ou volent l’Etat.
- Questions : Le Supérieur hiérarchique chargé de noter les agents n’a-t-il pas besoin d’être compétent, d’être consciencieux professionnellement, d’avoir le sens du respect du service public ou d’avoir un comportement social exemplaire ? Le fait pour un homme ou une femme d’être nommé ministre ou élu député fait-t-il de lui un homme excellent ou une femme excellente au point de lui flanquer automatiquement une note de 9/10 ?
Le nouveau système de notation est subjectif.
Les problèmes de subjectivité que les nouveaux instruments d’évaluation prétendaient résoudre ne sont pas résolus car des expressions telles que : « souvent absent au service », « quelquefois absent au service », « respecter les ordres du supérieur hiérarchiques » etc, sont difficiles à maîtriser.
En plus du caractère inique et subjectif du nouveau système de notation, le Pouvoir de la 4ème République veut faire noter les agents de la fonction publique par leurs supérieurs hiérarchiques sur la base du faux et usage de faux à partir de 2006, 2007 et 2008. La loi indique que les lettres de mission et les fiches d’indication des attentes doivent être remises aux intéressés en début d’année et pour le cas spécifique des enseignants entre le 15 septembre et le 15 octobre pour être évalués en fin d’année. Ce qui n’a jamais été le cas et voilà que le ministre de l’enseignement de base et de l’alphabétisation envoie des lettres de mission et fiches d’évaluation en fin d’année scolaire 2007-2008 pour évaluer les agents du MEBA de 2006 à 2008. Sur quelles bases nos autorités veulent-elles que les agents soient notés ? Rien d’autres que sur la base du faux, de l’arbitraire, du subjectivisme. Toutes choses que nos organisations syndicales refusent.
Camarades militantes et militants, sympathisantes et sympathisants,
Camarades travailleuses et travailleurs de l’éducation de base,
Le Bureau National vous félicitent pour le respect massif du mot d’ordre de rejet de cette parodie de notation lancé par nos organisations syndicales. Il attire votre attention sur la campagne de pression et d’intimidation que les autorités du MEBA sont entrain d’exercer sur vous afin de vous amener à signer les fiches d’évaluation sur la base du faux. Pour ce faire, le MEBA est soutenu par certains syndicats non signataires de la déclaration du 3 juin 2008. Leur volonté, c’est de livrer les travailleurs pieds et mains liés à ce système foncièrement mauvais dont le dessein funeste demeure la précarisation des emplois, le blocage des avancements, la diminution des salaires et l’assujettissement des travailleuses et travailleurs.
En vue de préserver nos acquis, le Bureau National vous rappelle que le mot d’ordre de rejet est maintenu et qu’en aucune manière vous ne devez vous laisser distraire ou intimider par qui que ce soit.
Ensemble disons non au nouveau système de notation !
Oui à une relecture concertée de l’ancien système !
Tous mobilisés et déterminés, la victoire est certaine ! La lutte continue.
Pour le Bureau National
Le Secrétaire Général
Tahirou TRAORE